La “mafia” des réparateurs de pare-brise

Date de publication : 12 décembre 2025

Le secteur du vitrage automobile fait face depuis plusieurs années à des abus qui touchent autant les assureurs que les automobilistes. Si la majorité des professionnels travaillent correctement, certaines pratiques frauduleuses ou excessives ont pris de l’ampleur au point que l’on parle parfois, de manière imagée, d’une véritable « mafia des pare-brise ».

Les dérives les plus courantes commencent par des surfacturations : ajout de frais injustifiés, surestimation du coût des matériaux ou de la main-d’œuvre… Certaines enseignes n’hésitent pas à gonfler les montants pour maximiser leurs profits. À cela s’ajoutent des cadeaux ou incitations disproportionnées, destinés à attirer le client : trottinettes électriques, consoles de jeux, bons d’achat… Des offres qui, derrière leur apparence avantageuse, cachent souvent un modèle économique reposant sur une facturation abusive.

Autre pratique problématique : le remplacement injustifié de pare-brise. Certains intervenants affirment à tort qu’il existerait une “fréquence de remplacement” ou encouragent un changement complet alors qu’une simple réparation aurait suffi. Plus grave encore, quelques escrocs se font passer pour des assureurs afin d’obtenir des informations personnelles ou détourner le client vers leur propre structure.

Enfin, il arrive que des véhicules munis d’options spécifiques (capteurs, traitements particuliers) se retrouvent équipés de pare-brise plus basiques, tout en étant facturés au prix fort.

Ces dérives ont des conséquences directes. Du côté des assurés, le surcoût généré finit par se répercuter sur les primes. La pose d’un pare-brise de qualité inférieure peut aussi réduire la sécurité du véhicule, notamment lorsque des systèmes d’aide à la conduite sont concernés. Par ailleurs, accepter certains cadeaux peut placer le client, parfois sans le savoir, dans une position de complicité vis-à-vis d’une fraude.

Pour les compagnies d’assurance, la multiplication des facturations douteuses pèse lourdement sur le coût des sinistres, et la présence croissante de réparateurs non agréés complique le traitement administratif. Lorsque les indemnisations sont contestées, les litiges peuvent finir devant les tribunaux, saturant les procédures.

Pour se prémunir de ces arnaques, quelques réflexes simples permettent de sécuriser l’intervention. Il convient de :

  • Privilégier les réparateurs travaillant avec les assureurs, garantissant des pratiques contrôlées ;

  • Comparer plusieurs devis pour vérifier la cohérence des prix ;

  • Se méfier des offres trop généreuses ou des remises excessives ;

  • Solliciter directement son assureur en cas de doute sur la nécessité de déclarer un sinistre ;

  • Vérifier que le pare-brise remplacé dispose bien des mêmes options que l’original ;

  • Demander un rapport de recalibrage des caméras après l’intervention.

En adoptant ces bonnes pratiques, assurés comme assureurs peuvent réduire les abus et contribuer à rétablir davantage de transparence dans un secteur où quelques dérives ternissent l’image de nombreux professionnels sérieux. 

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Auteur
Jean Claude Larrieste
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